Dr Paul Vaxé C.la.clé

Si vous n’avez pas encore été vacciné, si vous êtes inquiet, ou si vous avez des questions… poursuivez votre lecture. Une série d’articles sur le vaccin contre la COVID-19 seront publiés ici au cours des prochains jours et des semaines à venir.



Maîtriser la quatrième vague par des taux accrus de résidents entièrement vaccinés

On remarque maintenant que le nombre de cas de COVID-19 localement recommence à grimper, ouvrant la porte officiellement à la quatrième vague dans la région. La plus grande différence entre cette vague et les précédentes consiste du nombre de personnes vaccinées c. non vaccinées et la présence du variant Delta.

En date du 8 septembre 2021, les données actuelles indiquent que 85 % des résidents admissibles de la région du BSEO avaient reçu au moins une dose du vaccin contre la COVID-19 — tandis que 78.3 % étaient entièrement vaccinés. Les données indiquent que la majorité des Ontariens connaissant des conséquences graves liées à la COVID-19 sont non vaccinés ou ne sont que partiellement protégés (figure 1).

Bien que la protection offerte par la première dose du vaccin contre la COVID-19 soit bonne, elle n’est que partielle. La seconde dose stimulera la première pour donner une protection optimale. On sait également que le variant Delta répond bien au vaccin, mais seulement après la seconde dose. Par conséquent, il est important d’obtenir la seconde dose.

Figure 1 : Proportion de cas de COVID-19 confirmés, d’hospitalisations (incluant les admissions aux soins intensifs) et les décès chez les non vaccinés, les partiellement vaccinés et les cas sporadiques (entièrement vaccinés) : Ontario, du 14 décembre 2020 au 7 août 2021.

Source : Agence ontarienne de protection et de promotion de la santé (Santé publique Ontario). Cas confirmés de COVID-19 après la vaccination en Ontario : du 14 décembre 2020 au 21 août 2021, Toronto, ON : L'Imprimeur de la Reine pour la Province de l'Ontario, 2021.


Triple effet de la seconde dose : protection contre le Delta, moins grande sévérité de la maladie et hospitalisations moins nombreuses

Comme pour toutes les immunisations, la protection contre les infections ne se produit pas immédiatement après avoir reçu le vaccin contre la COVID-19. L’immunité se développe au fil du temps. Le vaccin contre la COVID-19 est très efficace (60 – 80 %) pour prévenir l’infection de la COVID-19 trois à quatre semaines après avoir reçu une seule dose. À la suite de la seconde dose, cette protection augmente (dépassant 85 %).

Le vaccin s’est montré efficace contre le variant Delta, mais cela n’est vrai, toutefois, que pour les personnes qui ont reçu deux doses. Les personnes qui n’ont reçu qu’une seule dose courent toujours de grands risques d’infection. Les personnes entièrement vaccinées (14 jours après avoir reçu la seconde dose) sont protégées contre le Delta et les autres variants connus à ce jour.

Dans la faible probabilité que des cas de COVID-19 surviennent chez des personnes entièrement vaccinées, il est démontré que les vaccins réduisent la gravité de la maladie, advenant qu’il y ait des symptômes. À leur tour, ils réduisent la transmission puisque la charge virale de ces cas sporadiques est réduite tout comme l’excrétion virale est faible.

L’entière vaccination offre une importante protection contre le développement de maladie grave exigeant l’hospitalisation. Les personnes non vaccinées sont 30 fois plus à risque d’être hospitalisées et 48 fois plus à risque de se retrouver aux soins intensifs comparativement aux personnes entièrement vaccinées (Figure 1). Un taux accru de la vaccination complète assurera que les hôpitaux ne deviennent surchargés.

Figure 1. Analyse du Secrétariat de la Science Advisory Table (https://covid19-sciencetable.ca/ontario-dashboard/). Données : https://data.ontario.ca/fr/  et CCM plus; les estimations des patients hospitalisés et ceux qui sont aux soins intensifs sont normalisés pour l’âge (traduction libre).


 
Source : https://covid19-sciencetable.ca/wp-content/uploads/2021/09/Update-on-COVID-19-Projections_2021.09.01_English-1.pdf


La couverture vaccinale est quand même un avantage contre les infections sporadiques

Le vaccin contre la COVID-19 est très efficace pour prévenir l’infection. Cependant, un petit nombre d’infections ‘sporadiques’ surviennent parmi les personnes entièrement vaccinées (+14 jours après la 2e dose). On y réfère comme étant des infections sporadiques qui ont seulement touché 6,4 % des Ontariens et Ontariennes entièrement vaccinés.

Les infections sporadiques se produisent plus souvent parmi les personnes âgées et les autres populations vulnérables dont la réponse immunitaire au vaccin est plus faible. Bien qu’il soit possible et même attendu que certaines personnes entièrement vaccinées développent la COVID-19, cela ne veut pas dire que le vaccin ne fonctionne pas. Ceux qui sont atteints d’une infection sporadique sont moins sévèrement affectés, tirant quand même un avantage de la protection vaccinale contre des symptômes graves.

Il est important de noter que les vaccins visent principalement à prévenir la maladie grave, l’hospitalisation, l’admission aux soins intensifs et le décès. Le vaccin contre la COVID-19 y arrive de façon très efficace, même chez les personnes atteintes d’infection sporadique. Je vous prie de ne pas laisser la possibilité d’une infection sporadique vous empêcher de prendre le vaccin.


Une troisième dose pour certains – cela veut-il dire que deux doses ne fonctionnent pas?

Pour la plupart des personnes entièrement vaccinées (deux doses), le vaccin contre la COVID-19 fournit une solide protection contre la maladie ou les conséquences graves. Cependant, une troisième dose est offerte à certaines populations vulnérables qui, comparativement à la population générale, ont une réponse immunitaire au vaccin plus faible ou diminuée.

Cela ne signifie pas que deux doses ne font pas leur travail. Une série complète de deux doses de vaccin fournit une excellente protection contre une infection de la COVID-19 et des conséquences graves pour la population générale, le variant préoccupant Delta inclus.

Étant donné les besoins et les circonstances particulières des personnes appartenant au groupe des vulnérables, une troisième dose aidera à améliorer la réponse de leur système immunitaire et à diminuer les risques qu’elles deviennent un cas sporadique.

La recommandation d’une troisième dose pour les personnes dans ce groupe est de faire en sorte que leur niveau de protection soit équivalent à celui de la population générale qui ne reçoit que deux doses. C’est une réponse qui aidera à protéger la santé des résidents de notre région.


Pour l’amour des enfants : votre vaccin protège ceux qui ne peuvent pas le prendre

Sans le vaccin contre la COVID-19, quelqu’un qui entre en contact étroit avec une personne infectée est à risque d’être infectée elle ou lui-même, et d’en infecter d’autres possiblement.

Si une personne entièrement vaccinée (+14 jours depuis la seconde dose) entre en contact étroit avec un candidat infecté, le risque de devenir infectée elle-même et de possiblement infecter d’autres gens  est énormément réduit.

Si elle n’est pas infectée, elle n’infectera alors personne d’autre.

Si elle est infectée, il est moins probable qu’elle transmette l’infection à d’autres puisque pour la plupart des variants, la personne aura une plus petite quantité du virus dans son corps et en éjectera moins en parlant, en expirant ou en faisant normalement d’autres activités quotidiennes.

Les enfants de moins de 12 ans constituent une grande proportion de la population qui n’est pas encore vaccinée. Les gens qui sont admissibles au vaccin et qui l’ont reçu, aident à freiner la transmission de la COVID-19, protégeant ainsi les enfants et les autres personnes qui ne peuvent pas être vaccinées.


L’immunité collective grâce aux vaccins contre la COVID-19

L’immunité collective se produit lorsqu’un nombre suffisant de personnes sont immunisées à une maladie, faisant en sorte qu’il soit peu probable qu’elle soit transmise. Au fur et à mesure qu’un plus grand nombre de résidents reçoivent le vaccin contre la COVID-19, nous nous approchons de cet objectif.

L’immunité collective offre même une couche de protection à ceux et celles qui ne peuvent pas être vaccinés parce que les personnes immunisées affaiblissent la chaîne de transmission potentielle. Le virus a donc très peu de chance de se propager dans la communauté.

Contrairement à l’infection, les vaccins contre la COVID-19 créent une immunité sans causer la maladie ni entraîner de conséquences graves, d’hospitalisation ou de décès. Nous devons continuer à augmenter le taux de Vaccination contre la COVID-19 parmi la population du BSEO  pour réaliser l’immunité collective.

Le pourcentage d’une population qui doit être vaccinée pour réaliser l’immunité collective dépend du degré de contagion de la maladie. Le variant delta est très contagieux; cela signifie qu’une plus grande proportion de la population doit être vaccinée pour freiner la propagation de la COVID-19.


Les vaccins contre la COVID-19 et vos préoccupations concernant la fertilité, la grossesse et l’allaitement

Un moyen sûr pour les gens de se protéger contre la maladie grave est de se faire vacciner contre la COVID-19. C’est aussi le cas pour les personnes enceintes, celles qui essayent de tomber enceinte ou qui désirent tomber enceinte dans le futur, ainsi que pour leur partenaire. Il n’y a aucune indication à ce jour, que les vaccins quels qu’ils soient, y compris les vaccins contre la COVID-19, causent des problèmes de fertilité chez les femmes ou les hommes.

Le vaccin est sûr et même recommandé aux personnes enceintes parce qu’elles courent un risque élevé de complications si une infection de COVID-19 se produit pendant la grossesse. Les vaccins contre la COVID-19 peuvent aussi être administrés en toute sécurité aux personnes qui allaitent. Il est probable que les anticorps fabriqués par une personne vaccinée enceinte ou qui allaite sont transmis au bébé. Non seulement c’est sécuritaire pour le bébé, mais cela aide aussi à le protéger contre la COVID-19.


Cinq raisons de prendre le vaccin

Si vous devenez infecté, vous pouvez vous rétablir rapidement, mais certains sont frappés plus durement. Voici cinq raisons de prendre le vaccin.

  1. Les vaccins visent principalement à prévenir la maladie grave, l’hospitalisation, l’admission aux soins intensifs ou le décès. Le vaccin contre la COVID-19 réalise ces objectifs avec une grande efficacité. L’augmentation du taux de la population entièrement vaccinée permettra d’assurer que les hôpitaux ne deviennent pas surchargés.
  2. Le vaccin est efficace, même contre le variant delta, pour les personnes qui sont entièrement vaccinées.
  3. Dans la faible possibilité qu’une personne entièrement vaccinée développe la COVID-19, les vaccins sont capables de réduire les symptômes et la sévérité de la maladie. Ceci a pour effet de réduire la transmission parce que, pour la plupart des variants, ces personnes ont souvent une plus petite quantité du virus dans leur corps et en libère moins quand elles parlent, expirent ou effectuent d’autres activités normales au quotidien.
  4. Alors que de plus en plus de gens reçoivent le vaccin contre la COVID-19, nous nous rapprochons de l’immunité collective qui se produit quand un nombre suffisant de personnes sont immunisées à une maladie, faisant en sorte qu’il est plus difficile de la propager.
  5. Contrairement à l’infection, le vaccin contre la COVID-19 crée une immunité sans causer de maladie grave, d’hospitalisation ou de décès. Même si vous avez eu la COVID-19, le vaccin est vous est recommandé. L’immunité naturelle à l’infection de la COVID-19 peut ne pas durer longtemps, ouvrant la porte à la possibilité de l’attraper et la propager à nouveau.

Dans son prochain et dernier Vaxé C.la.clé, le Dr Paul fait la lumière sur les résultats pour la santé étant beaucoup plus sérieux de l’infection que du vaccin contre la COVID-19. À venir mercredi le 20 octobre.

Eastern Ontatio Health Unit / Bureau de santé de l'Ontario