Synopsis de la documentation sur les masques et la réduction de la propagation de la COVID-19 à ce jour

Depuis mars 2020, plus de cinquante pays à travers le monde ont rendu les masques obligatoires dans les espaces publics. S’ajoutant à d'autres mesures de santé publique telles que l'éloignement physique, le lavage et la désinfection réguliers des mains, le port d'un masque dans les espaces publics clos est essentiel pour maîtriser et éradiquer la COVID-19.

Vous trouverez ci-dessous un résumé de la documentation sur les faits et les questions courantes. Consultez la liste de références pour passer en revue la documentation qui a été examinée. Voici des réponses aux questions souvent posées, préparées à partir d’une analyse documentaire. 

Comment le port d'un masque protège-t-il les autres? 

Il existe 3 types de personnes qui peuvent propager la COVID-19 : celles qui ont des symptômes, celles qui sont sans symptômes mais qui les développeront (pré-symptomatiques) et celles sans symptômes qui ne développeront jamais la maladie mais sont porteuses du virus et sont capables de le répandre (asymptomatique). 

Nous savons que les personnes qui contractent la COVID-19 sont le plus contagieux 1 à 3 jours avant de développer des symptômes.1,2 De plus, des études semblent montrer que jusqu'à 45 % d'une population donnée peut être porteuse du virus mais est asymptomatique au moment de la transmission.3   D'où la nécessité de protéger les autres.

La recherche montre que dans un environnement qui n’est pas de la santé, le port d'un masque aide à protéger les autres mais ne protège pas la personne qui l’a mis. La transmission du virus se produit soit lorsque de plus grosses gouttelettes sont sécrétées directement en parlant, en mangeant, en toussant et en éternuant puis en tombant sur une surface, ou lorsque des gouttelettes aéroportées (aérosols) sont créées lorsque l'eau s'évapore des plus petites gouttelettes de virus qui peuvent rester dans l'air pendant une période prolongée. Chaque particule chargée de virus retenue dans un masque n'est plus disponible pour se suspendre dans l'air sous forme d'aérosol ou tomber sur une surface pour être ensuite captée au toucher. Quel que soit le type ou la taille du virus, l’efficacité de la filtration d’un masque dépend de sa capacité à le piéger physiquement. Les masques en tissu faits maison (en particulier ceux composés de plusieurs couches) peuvent bloquer les gouttelettes et les aérosols et les empêcher de se propager davantage.4 

L'utilisation de masques en tissu pour la protection extérieure (protéger les autres de la personne portant le masque) a été largement étudiée il y a des décennies et les résultats sont toujours pertinents à ce jour. Comparé aux bénévoles sans masque, un masque en mousseline et en flanelle a bloqué les bactéries de 99,3 % à 99,9 %, les microorganismes aériens totaux de 99,5 % à 99,8 % et les bactéries récupérées des aérosols (<4 µm) de 88 % à 99 %. Une expérience similaire en 1975, a comparé 4 masques médicaux et 1 masque réutilisable produit commercialement composé de 4 couches de mousseline de coton, pour l'efficacité de la filtration des gouttelettes en suspension dans l'air (<3,3 µm). L'étude a montré une transmission réduite de 72 % à 89 %.4 L'effet se produit même si l'on suppose que les masques faciaux ne sont efficaces qu'à 50 % pour capturer les gouttelettes de virus expirées.5 

Une étude écologique en Allemagne publiée en juin 2020 a évalué l'impact de l'utilisation obligatoire d'un masque sur les transports en commun et dans les magasins de la ville de Jena. Elle montre que le port du masque obligatoire réduit le taux de croissance quotidien de COVID-19 à Jena de 40 %.6

Des études de modélisation estiment des effets variables mais substantiels au niveau de la population de l'utilisation du masque par le grand public. Même lorsque les risques associés à l'utilisation du masque en public ont été intégrés à leur étude de modélisation, Stutt et al. (2020) les avantages globaux pour la population ont persisté.5

Lorsque le public utilise des masques faciaux en tout temps (pas seulement à partir du moment où les symptômes apparaissent pour la première fois), le taux de reproduction net (Re) est plus facilement réduit à un niveau idéal (inférieur à 1). Cela signifie que le virus ne se transmet pas facilement, ce qui entraîne un « aplatissement de la courbe ». Même une réduction partielle de la transmission peut être suffisante pour entraîner un taux de reproduction net inférieur à 1, en particulier lorsqu'elle est combinée à d'autres mesures telles que l'hygiene des mains et l'éloignement physique.

Dans certaines conditions, lorsque des périodes de confinement sont mises en place et combinées à l’utilisation des masques faciaux à 100 %, il y a beaucoup moins de propagation de la maladie, les vagues secondaires et tertiaires sont aplaties et l'épidémie est maîtrisée.7 Cela peut expliquer pourquoi certaines régions, où l'adoption de l'utilisation du masque facial par le public est d'environ 100 %, ont connu des taux de propagation de la COVID-19 et des décès associés nettement inférieurs. 5,7

Pourquoi le port du masque protège-t-il les autres mais pas la personne qui le porte?

La recherche montre que dans les milieux non médicaux, le port d'un masque aide à protéger les autres mais ne protège pas la personne qui le porte. Le virus se propage en pénétrant dans le corps principalement par la bouche, le nez ou les yeux. Si d'autres personnes qui ne portent pas de masque toussent ou éternuent autour de vous, elles peuvent envoyer des gouttelettes virales dans l'air qui peuvent vous infecter en entrant dans vos yeux ou par les côtés de votre masque. Pour réduire plus efficacement la propagation du virus, tous ceux qui peuvent porter un masque devraient le faire quand la distance physique est difficile ou impossible. Vous portez un masque pour protéger les autres et les autres portent un masque pour vous protéger.5

Le port du masque remplace-t-il d'autres pratiques telles que la distance physique ou le lavage des mains?

Le port d'un masque dans les espaces publics intérieurs clos fait partie d'une approche à plusieurs volets pour réduire la propagation du virus. Le lavage régulier des mains et l'éloignement physique vous protégeront des autres qui sont positifs pour la COVID-19 mais asymptomatiques. Cependant, la distance physique et le port du masque sont essentiels pour protéger les autres de vous-même. Les avantages pour la communauté globale sont probablement plus importants lorsque les masques faciaux, utilisés avec d'autres pratiques, sont adoptés universellement (à l'échelle de la communauté) et que la conformité est élevée.7 Une étude récente a montré que les porteurs de masques ont tendance à se mélanger plus facilement avec d'autres porteurs de masques plutôt que les non-utilisateurs de masque et donc l'impact du port de masque est réduit lorsque le taux de conformité est inférieur.8

Que disent les données probantes sur l'inhalation de dioxyde de carbone (CO2) expiré en portant un masque?

L'hypercapnie - un excès de dioxyde de carbone dans le corps - est généralement causée par une hypoventilation (dépression respiratoire), une maladie pulmonaire ou une perte de conscience. Elle peut également être causée par une exposition à des environnements contenant des concentrations anormalement élevées de dioxyde de carbone (supérieures à 10 %), telles que l'activité volcanique ou géothermique, ou par des plongeurs en haute mer utilisant un appareil de respiration à circuit fermé.9 Normalement, le niveau de dioxyde de carbone présent dans l'atmosphère est d'environ 0,04 %. 

Il est très peu probable que le port d'un masque facial entraîne un manque d'oxygène ou une augmentation des niveaux de dioxyde de carbone de votre corps. La mesure dans laquelle un masque peut affecter les niveaux de dioxyde de carbone dépendra de sa composition et de son ajustement. En général, un masque en tissu n'est pas bien ajusté à votre visage et permet le passage de l'air autour du masque et à travers les pores du matériel. Par conséquent, un masque en tissu ne vous protège pas entièrement de l'inhalation du virus, mais en perturbant votre flux d'expiration, il a tendance à protéger votre entourage des gouttelettes dans votre respiration.10

À titre de comparaison, un auditorium avec une mauvaise ventilation d'air frais, rempli de personnes pendant plusieurs heures peut représenter une concentration de 1 % de dioxyde de carbone9 et provoquer une somnolence chez certaines personnes. Ce n'est pas la même chose que de porter un masque pendant de courtes périodes de temps lorsque vous faites vos courses ou que vous attendez en ligne pour être servi à la banque.

Des études montrent que la preuve n'a pas été faite que l'utilisation prolongée de n’importe quel masque facial – y compris le respirateur N95 – provoque une toxicité du dioxyde de carbone chez les personnes en bonne santé. Le respirateur N95 s’ajuste mieux (plus serré) au visage et peut donc gêner la respiration. Cependant, le grand public ne doit pas porter de respirateur N95 (sauf avis contraire de son fournisseur de soins primaires) car ces types de masques font partie de l'équipement de protection individuelle (ÉPI) utilisé dans le secteur des soins de santé.
 
Références :

  1. MIT Medical/Covid-19 update. Disponible en ligne: https://medical.mit.edu/covid-19-updates/2020/07/face-shield-instead-mask
  2. Wei WE, Li Z, Chiew CJ, Yong SE, Toh MP, Lee VJ. Presymptomatic Transmission of SARS-CoV-2 Singapore, MMWR Morb Mortal Wkly Rep 2020;69:411–415. January 23–March 16, 2020. Disponible en ligne: http://dx.doi.org/10.15585/mmwr.mm6914e1external icon
  3. Daniel P. Oran, Eric J. Topol. Prevalence of Asymptomatic SARS-CoV-2 Infection. Annals of Internal Medicine, 2020;Disponible en ligne: http://dx.doi.org/10.7326/M20-3012
  4. Clase CM, Fue El, Joseph M et al. Cloth masks may prevent transmission of COVID-19: An evidence-based, risk-based approach. Ann Intern Med. 2020 May 22.
  5. Stutt R, Retkute R, Bradley M, Gilligan CA, Colvin J. A modelling framework to assess the likely effectiveness of facemasks in combination with ‘lock-down’ in managing the COVID-19 pandemic. Proc R Soc Lond A Math Phys Sci. 2020 Jun 10 [Epub ahead of print]. Disponible en ligne: http://doi.org/10.1098/rspa.2020.0376
  6. Mitze T, Kosfeld R, Rode J, Walde K. Face masks considerably reduce COVID-19 cases in Germany: a synthetic control method approach. Discussion paper series Institute of Labor Economics; 2020. Disponible en ligne: https://www.iza.org/publications/dp/13319/face-masks-considerably-reduce-covid-19-cases-in-germany-a-synthetic-control-method-approach
  7. Steffen E. Eikenberry, Marina Mancuso et al. To mask or not to mask: Modeling the potential for face mask use by the general public to curtail the COVID-19 pandemic, Infectious Disease Modelling Volume 5, 2020, Pages 293-308. Disponible en ligne:https://doi.org/10.1016/j.idm.2020.04.001 
  8. David N. Fisman , Amy L. Greer , Ashleigh R. Tuite, Bidirectional impact of imperfect mask use on reproduction number of COVID-19: A next generation matrix approach, Infectious Disease Modelling 5 (2020) 405-408.
  9. Inspectapedia, The Effects of CO2 at Various Levels or Concentrations in Air.  Disponible en ligne: https://inspectapedia.com/hazmat/Carbon_Dioxide_Hazards.php 
  10. Claire Gillespie Does Wearing a Face Mask Reduce Oxygen—and Can It Increase CO2 Levels? Here's What Experts Say, May 13, 2020. Disponible en ligne: https://www.health.com/condition/infectious-diseases/coronavirus/does-wearing-face-mask-increase-co2-levels 
  11. Christian J. Kähler, Rainer Hain, Fundamental protective mechanisms of face masks against droplet infections, Journal of Aerosol Science, Volume 148October 2020.  Disponible en ligne:https://doi.org/10.1016/j.jaerosci.2020.105617
  12. PHO, A Synopsis Covid-19 – what we know so far about…wearing masks in public, 06/17/2020. Disponible en ligne: https://www.publichealthontario.ca/-/media/documents/ncov/covid-wwksf/what-we-know-public-masks-apr-7-2020.pdf?la=en
Eastern Ontatio Health Unit / Bureau de santé de l'Ontario